Il y a une phrase que j’entends trĂšs souvent dans mes sĂ©ances de coaching. Une phrase dite Ă demi-mot, parfois avec un sourire gĂȘnĂ©, parfois avec les yeux qui brillent un peu trop :
« Je ne veux pas déranger. »
Et derriĂšre cette phrase, il y a des annĂ©es de silence. Des besoins ravalĂ©s. Des envies mises de cĂŽtĂ©. Ou des choix professionnels faits pour plaire Ă des parents, Ă un conjoint, Ă une sociĂ©tĂ© qui valorise le dĂ©vouement et la gentillesse au point d’en faire une vertu absolue.
Sauf que cette gentillesse-lĂ â celle qui s’oublie elle-mĂȘme pour ne jamais froisser personne â n’est pas de la gentillesse. C’est de la peur. Et Thomas d’Ansembourg, dans Cessez d’ĂȘtre gentil, soyez vrai, a le courage de le dire clairement. đ
Thomas d’Ansembourg : un avocat devenu thĂ©rapeute, une vie de reconversion
Avant d’ĂȘtre l’auteur de l’un des livres de dĂ©veloppement personnel les plus vendus en France, Thomas d’Ansembourg Ă©tait avocat. Un profil rassurant, socialement valorisĂ©. Et pourtant, quelque chose ne collait pas.
Ce dĂ©calage entre la vie qu’on mĂšne et la vie qu’on sent juste â je connais bien cette sensation. C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui m’a poussĂ© Ă quitter vingt ans de contrĂŽle de gestion pour devenir coach. Et c’est ce que vivent beaucoup de personnes que j’accompagne.
D’Ansembourg, lui, a quittĂ© le barreau pour devenir thĂ©rapeute et formateur en Communication Non Violente (CNV), une approche dĂ©veloppĂ©e par le psychologue amĂ©ricain Marshall Rosenberg. Ce livre, paru pour la premiĂšre fois en 2004 et traduit dans une vingtaine de langues, est le fruit de cette transformation personnelle et professionnelle profonde.
Il ne parle pas depuis une tour d’ivoire. Il parle depuis une vie qu’il a lui-mĂȘme dĂ» rĂ©apprendre Ă habiter. đż
Ce que « cessez d’ĂȘtre gentil » veut vraiment dire
Attention â le titre peut prĂȘter Ă confusion. Thomas d’Ansembourg ne nous invite pas Ă devenir dĂ©sagrĂ©ables, Ă©goĂŻstes ou indiffĂ©rents aux autres.
Il nous invite Ă quelque chose de bien plus exigeant : ĂȘtre vrais.
Ătre vrai, c’est savoir ce qu’on ressent. C’est pouvoir le dire. C’est exprimer ses besoins sans attendre que l’autre les devine, et sans s’effondrer de culpabilitĂ© dĂšs qu’on formule une demande.
La « gentillesse » qu’il critique dans le titre, c’est cette façade lisse et accommodante derriĂšre laquelle beaucoup d’entre nous se cachent depuis l’enfance. Ce sourire automatique. Ce « ça va, ne t’inquiĂšte pas » prononcĂ© alors qu’on s’effondre intĂ©rieurement. Cette incapacitĂ© Ă dire non qui finit par gĂ©nĂ©rer une frustration sourde, puis une colĂšre retournĂ©e contre soi, puis un Ă©puisement profond.
Ce mĂ©canisme, la psychologie l’appelle parfois « le syndrome du bon Ă©lĂšve ». On a appris trĂšs tĂŽt que l’amour et la reconnaissance se mĂ©ritent en Ă©tant agrĂ©able, serviable, discret. Alors on a continuĂ©. Longtemps. Trop longtemps. đ
Les quatre besoins fondamentaux au cĆur du livre
L’un des apports les plus prĂ©cieux de cet ouvrage, c’est la clartĂ© avec laquelle d’Ansembourg dĂ©compose ce qui se joue dans nos relations. Il s’appuie sur le modĂšle de la CNV pour identifier quatre composantes essentielles Ă une communication authentique :
L’observation â Ce que je vois, ce que j’entends, sans interprĂ©tation ni jugement. Pas « tu es toujours en retard » mais « tu es arrivĂ© Ă 20h alors que nous avions rendez-vous Ă 19h ».
Le sentiment â Ce que je ressens rĂ©ellement face Ă cette situation. Pas une Ă©motion dĂ©guisĂ©e en reproche (« je me sens trahie »), mais un Ă©tat intĂ©rieur honnĂȘte (« je me sens inquiĂšte, triste, frustrĂ©e »).
Le besoin â Ce qui, en moi, n’est pas satisfait et qui gĂ©nĂšre ce sentiment. DerriĂšre chaque Ă©motion difficile, il y a un besoin lĂ©gitime : besoin de sĂ©curitĂ©, de respect, de connexion, de reconnaissance.
La demande â Ce que je demande concrĂštement Ă l’autre pour que la situation change. Une demande rĂ©elle, pas une exigence camouflĂ©e.
Ce modĂšle paraĂźt simple Ă lire. Il est rĂ©volutionnaire Ă pratiquer. Parce que la plupart d’entre nous n’ont jamais appris Ă parler ainsi â ni Ă l’Ă©cole, ni en famille, ni en entreprise. On nous a appris Ă performer, Ă nous adapter, Ă ne pas faire de vagues. Pas Ă exprimer ce qui se passe vraiment en nous. âš
Pourquoi ce livre résonne autant avec ceux qui vivent une reconversion
Si tu es en train de te questionner sur ta carriÚre, sur le sens de ce que tu fais chaque matin, ce livre va probablement te toucher de façon inattendue.
Parce que derriĂšre beaucoup de reconversions professionnelles, il y a une histoire de besoins ignorĂ©s. Des annĂ©es Ă dire oui Ă des postes qui ne nous correspondaient pas. Ă accepter des conditions de travail qui nous Ă©puisaient. Ă rester dans des environnements toxiques parce qu’on ne se sentait pas le droit de partir. Parce qu’on ne voulait pas dĂ©cevoir.
Dans mon travail de bilan de compĂ©tences, une question revient rĂ©guliĂšrement : « Qu’est-ce que vous avez vraiment envie de faire ? » Et souvent, la premiĂšre rĂ©ponse est une liste de ce que les autres attendent. Il faut creuser longtemps pour que la voix intĂ©rieure commence Ă se faire entendre.
Cessez d’ĂȘtre gentil, soyez vrai est un entraĂźnement Ă Ă©couter cette voix. Ă lui faire confiance. Ă construire une vie qui parte d’elle â plutĂŽt que des attentes des autres. đ§
Ce que j’ai personnellement retenu de ce livre
Je me souviens d’une pĂ©riode oĂč j’avais beaucoup de mal Ă poser des limites. Dans ma vie professionnelle, j’acceptais des missions qui dĂ©bordaient largement de mon pĂ©rimĂštre. Dans mes relations, je disais oui par rĂ©flexe, puis je ruminas des heures aprĂšs.
Ce que ce livre m’a appris â et que je continue d’apprendre, parce que ce n’est pas un apprentissage linĂ©aire â c’est que dire non n’est pas un acte d’hostilitĂ©. C’est un acte de respect. De respect envers l’autre, Ă qui je ne mens plus. Et de respect envers moi-mĂȘme, Ă qui je ne mens plus non plus.
Il y a une phrase du livre que je cite souvent Ă mes clients : « On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. » Si tu es vide, Ă©puisĂ©, niĂ© dans tes besoins fondamentaux, tu ne peux pas vraiment ĂȘtre lĂ pour les autres. La bienveillance authentique commence par soi. âĄ
Le piÚge de la communication « politiquement correcte »
Thomas d’Ansembourg pointe quelque chose de particuliĂšrement fin dans notre façon de communiquer : on a souvent appris Ă exprimer nos Ă©motions sous forme de jugements sur l’autre.
« Tu es Ă©goĂŻste. » « Tu ne penses qu’Ă toi. » Ou « Tu aurais pu faire un effort. »
Ces phrases semblent parler de ce qu’on ressent, mais elles parlent en rĂ©alitĂ© de ce qu’on pense de l’autre. Et elles dĂ©clenchent immĂ©diatement une dĂ©fense, une contre-attaque, un dialogue de sourds.
La CNV propose un chemin diffĂ©rent : revenir Ă soi. « Je me sens seule quand tu rentres tard sans me prĂ©venir, parce que j’ai besoin de me sentir considĂ©rĂ©e dans notre relation. Est-ce que tu serais d’accord pour m’envoyer un message dans ces cas-lĂ ? »
Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de la prĂ©cision. Et cette prĂ©cision change tout dans la qualitĂ© des Ă©changes â en couple, en famille, au travail. đŹ
Pour qui ce livre est-il indispensable ?
Ce livre est fait pour toi si…
Tu te reconnais dans cette phrase : « J’ai du mal Ă dire non sans me sentir coupable. »
Tu portes beaucoup de choses pour les autres et tu ne sais plus trĂšs bien ce que tu veux, toi.
Ou tu évites les conflits au point de te trahir réguliÚrement.
Tu es en reconversion professionnelle et tu cherches Ă construire quelque chose qui te ressemble vraiment â pas ce qu’on attend de toi.
Tu as l’impression de communiquer beaucoup, mais d’ĂȘtre rarement vraiment compris.
Ou tu es introverti et tu trouves l’expression de tes besoins particuliĂšrement difficile en sociĂ©tĂ©.
Ce n’est pas un livre rĂ©servĂ© aux thĂ©rapeutes ou aux personnes en grande souffrance. C’est un livre pour toute personne qui veut amĂ©liorer la qualitĂ© de sa relation Ă elle-mĂȘme et aux autres. Et ça, ça concerne Ă peu prĂšs tout le monde. đ
Comment aborder ce livre
Cessez d’ĂȘtre gentil, soyez vrai se lit facilement â d’Ansembourg a un style chaleureux, concret, ponctuĂ© d’exemples tirĂ©s de sa pratique thĂ©rapeutique. Ce n’est pas un traitĂ© thĂ©orique. C’est presque une conversation.
Mon conseil : lisez-le avec un carnet Ă cĂŽtĂ©. Notez les passages qui vous font rĂ©agir â surtout ceux qui vous mettent un peu mal Ă l’aise. Ce sont souvent les plus prĂ©cieux. La rĂ©sistance, en dĂ©veloppement personnel, est rarement un hasard.
Et si vous voulez aller plus loin dans la pratique, il existe des formations Ă la CNV, des groupes de pratique, et bien sĂ»r un accompagnement personnalisĂ© en coaching pour intĂ©grer ces outils dans votre quotidien. đ±
La vraie gentillesse, ça ressemble à quoi ?
Ă la fin de ce livre, Thomas d’Ansembourg ne nous laisse pas dans le vide. Il nous offre une vision de la gentillesse rĂ©inventĂ©e â non plus comme une capitulation permanente de soi-mĂȘme, mais comme un choix libre et conscient de contribuer au bien-ĂȘtre des autres depuis un endroit solide.
Quand on sait ce qu’on ressent. Quand on connaĂźt ses besoins. Et quand on est capable de les exprimer avec clartĂ© et douceur. Alors on peut vraiment ĂȘtre lĂ pour l’autre. Pas par peur. Pas par obligation. Par choix.
C’est ça, ĂȘtre vrai. Et c’est infiniment plus puissant que d’ĂȘtre gentil.
DĂ©couvrez le livre Cessez d’ĂȘtre gentil, soyez vrai de Thomas d’Ansembourg.
Envie d’aller plus loin dans votre dĂ©veloppement personnel ? DĂ©couvrez comment mon accompagnement sur-mesure peut accĂ©lĂ©rer votre transformation. Ensemble, rĂ©vĂ©lons la meilleure version de vous-mĂȘme ! đ
Christophe
RĂ©vĂ©lateur de forces intĂ©rieures et de talents âš


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